Les films muets constituent une part importante de l’histoire du cinéma. Ce sont des films produits principalement durant la période du cinéma muet, qui s’étend approximativement de la fin du XIXe siècle aux années 1920, avant l’avènement du son dans les films. Les films muets se caractérisaient par l’absence de dialogues synchronisés avec l’action à l’écran. Les images étaient accompagnées de musique live jouée par un pianiste ou un orchestre, et parfois même des cartons intercalaires étaient insérés pour communiquer les informations nécessaires au public afin de comprendre l’intrigue. La plupart des films muets sont des films indépendants produits par de petites sociétés de production.
Malgré l’absence de dialogues, les réalisateurs et acteurs du cinéma muet ont su raconter des histoires captivantes et enthousiasmer les spectateurs grâce à l’usage des gestes, des expressions faciales, des mouvements corporels et de l’action à l’écran. Parmi les réalisateurs les plus célèbres du cinéma muet figurent Charlie Chaplin, Buster Keaton, D.W. Griffith et F.W. Murnau. Ces cinéastes ont créé des œuvres cinématographiques devenues des classiques, toujours admirées et étudiées aujourd’hui. Charlie Chaplin, par exemple, est connu pour son personnage du « Vagabond » et a réalisé et joué dans des films tels que Les Lumières de la ville et Le Dictateur. Buster Keaton, quant à lui, était célèbre pour son adresse acrobatique et son humour physique, et est surtout mémorisé pour des films comme The General et Sherlock Jr.
D.W. Griffith est considéré comme l’un des pionniers du cinéma et son film de 1915 Naissance d’une nation est considéré comme un des chefs-d’œuvre du cinéma muet, bien qu’il soit controversé pour son contenu raciste. F.W. Murnau, quant à lui, a réalisé le célèbre film expressionniste Nosferatu, le vampire en 1922, une adaptation non autorisée du roman Dracula de Bram Stoker. Parmi les autres films muets notables figurent Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès, Metropolis de D.W. Griffith, Fritz Lang et Le Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene. Bien que l’avènement du son ait rendu les films muets obsolètes, leur impact sur l’histoire du cinéma est inestimable. Le cinéma muet a posé les bases de nombreuses techniques narratives et cinématographiques encore utilisées aujourd’hui. De plus, de nombreux films muets ont été restaurés et préservés, permettant aux publics modernes de les apprécier et de les étudier comme témoins de la naissance d’un art cinématographique.
L’ère des films muets

L’ère des films muets s’étend approximativement de la fin du XIXe siècle aux années 1920. Durant cette période, les films étaient dépourvus de son synchronisé et reposaient uniquement sur des images animées pour raconter une histoire. Les débuts du cinéma muet remontent aux années 1890, lorsque les premiers essais d’enregistrement du mouvement furent réalisés par des inventeurs et pionniers tels que Thomas Edison et les frères Lumière. Au fil des années, les films muets sont devenus de plus en plus populaires, le cinéma évoluant de simples prises de vues de la vie quotidienne à des œuvres narratives élaborées. L’un des premiers films importants du cinéma muet fut Le Voyage dans la Lune (1902) de Georges Méliès, un film de science-fiction qui présentait des effets spéciaux innovants pour l’époque. Méliès est considéré comme l’un des pionniers de l’art cinématographique et a contribué au développement des techniques narratives et visuelles.
Aux États-Unis, le cinéma muet a atteint son apogée durant l’ère hollywoodienne. Beaucoup des grands studios de cinéma qui existent encore aujourd’hui ont été fondés à cette époque, tels que Paramount Pictures, Warner Bros. et Universal Pictures. Le système des studios s’est développé, créant une industrie cinématographique florissante et donnant naissance à des stars telles que Charlie Chaplin, Rudolph Valentino, Mary Pickford et Douglas Fairbanks. Le cinéma muet se caractérisait par une grande variété de genres, incluant comédies, drames, films historiques, aventures et films d’action. Certains réalisateurs ont su tirer pleinement parti du langage visuel du cinéma muet, utilisant des techniques innovantes telles que le montage, la mise au point sélective et l’utilisation des expressions faciales pour communiquer émotion et narration.
Cependant, l’ère du cinéma muet prit fin avec l’avènement du son. En 1927, le film The Jazz Singer avec Al Jolson fut le premier long métrage avec dialogues synchronisés et marqua le début de l’ère sonore au cinéma. Cette nouvelle avancée technologique transforma radicalement l’industrie cinématographique et conduisit à la disparition rapide des films muets. Néanmoins, l’ère du cinéma muet laissa une empreinte durable dans l’histoire du cinéma. Les films muets sont considérés comme des trésors cinématographiques et beaucoup d’entre eux ont été restaurés et préservés pour être appréciés aujourd’hui. Ces films constituent des témoignages importants de l’évolution de l’art cinématographique et de la créativité des réalisateurs et acteurs qui ont su raconter des histoires captivantes sans recourir au son.
Réalisateurs du cinéma muet

De nombreux réalisateurs très talentueux ont marqué l’époque du cinéma muet. Voici quelques-uns des principaux réalisateurs qui ont laissé une empreinte significative dans l’histoire du cinéma :
- D.W. Griffith : Considéré comme l’un des pionniers du cinéma, Griffith a réalisé plusieurs films muets influents, notamment Birth of a Nation (1915) et Intolerance (1916). Il est reconnu pour sa maîtrise de la narration cinématographique et des techniques de montage.
- Charlie Chaplin : L’un des acteurs et réalisateurs les plus célèbres du cinéma muet, Chaplin est surtout connu pour son personnage de Charlot. Il a réalisé et joué dans des films tels que City Lights (1931) et The Great Dictator (1940), démontrant une combinaison unique de comédie, de pathos et de commentaire social.
- Buster Keaton : Surnommé « le grand muet », Keaton était célèbre pour son style élégant et physique de comédie. Il a réalisé et joué dans des films tels que The General (1926) et Sherlock Jr. (1924), considérés comme des chefs-d’œuvre du cinéma muet.
- F.W. Murnau : Réalisateur allemand associé à l’expressionnisme cinématographique, Murnau est connu pour son film d’horreur Nosferatu (1922) et son drame romantique The Last Laugh (1924). Il a expérimenté des techniques visuelles innovantes et contribué à la cinématographie de l’époque.
- Sergei Eisenstein : cinéaste russe, Eisenstein est reconnu pour ses contributions au cinéma avant-gardiste et à la théorie du montage. Son film « Cuirassé Potemkine » (1925) est considéré comme un chef-d’œuvre du cinéma muet et une étape majeure dans l’histoire du cinéma mondial.
- Fritz Lang : réalisateur autrichien connu pour son style visuel distinctif et ses histoires sombres. Il a réalisé le célèbre film de science-fiction « Metropolis » (1927), qui a fortement influencé le genre et la cinématographie future.
- G.W. Pabst : réalisateur autrichien et figure clé du cinéma expressionniste allemand, Pabst a réalisé des films tels que « La Route sans joie » (1925) et « La Boîte de Pandore » (1929), ce dernier célèbre pour la performance de Louise Brooks.
- Ernest Lubitsch : réalisateur allemand qui a dirigé plusieurs films muets à succès, tels que « L’Éventail de Lady Windermere » (1925) et « Le Prince Consort » (1927). Il est connu pour sa comédie sophistiquée et son usage de l’humour visuel.
- King Vidor : réalisateur américain qui a exploré plusieurs genres durant l’ère du cinéma muet, réalisant des films tels que « The Great Trail » (1925) et « The Crowd » (1928). Il a également connu une carrière réussie à l’ère du cinéma parlant.
- Carl Theodor Dreyer : réalisateur danois connu pour son style lyrique et contemplatif. Son film muet le plus célèbre est « La Passion de Jeanne d’Arc » (1928), considéré comme un chef-d’œuvre de l’expressionnisme cinématographique.
- Cecil B. DeMille : réalisateur américain qui a dirigé des films muets épiques et spectaculaires, tels que « Les Dix Commandements » (1923) et « Le Roi des Rois » (1927). Il a également eu une carrière réussie à l’ère du cinéma parlant.
- Abel Gance : réalisateur français connu pour son film « Napoléon » (1927), un épique historique qui a expérimenté des techniques de montage innovantes et spectaculaires.
- Victor Sjöström : réalisateur suédois qui a réalisé des films tels que « Le Vent » (1928) et « La Charge de la brigade légère » (1926). Il est considéré comme l’un des grands réalisateurs de l’ère du cinéma muet.
- Lois Weber : réalisatrice américaine pionnière, Weber fut l’une des premières femmes à réaliser des films aux États-Unis. Elle a dirigé des œuvres socialement engagées telles que « Shoes » (1916) et « Hypocrites » (1915).
- Yasujirō Ozu : réalisateur japonais connu pour ses films intimes et contemplatifs. Pendant la période du cinéma muet, il a réalisé des films tels que « Tokyo Chorus » (1931) et « Les Enfants de Tokyo » (1932).
Ces cinéastes ont contribué de manière significative à la cinématographie du cinéma muet, laissant un héritage durable et influençant des générations de réalisateurs ultérieurs.
Stars du cinéma muet

Durant l’ère du cinéma muet, de nombreuses stars ont acquis une grande renommée grâce à leurs performances sur grand écran. Voici quelques-unes des principales stars du cinéma muet :
- Charlie Chaplin : considéré comme l’un des plus grands acteurs et réalisateurs du cinéma muet, Chaplin est surtout connu pour son personnage de Charlot. Il a captivé les spectateurs par son style comique et émouvant, devenant l’une des icônes les plus reconnaissables du cinéma.
- Mary Pickford : Connue sous le nom de « chérie de l’Amérique », Mary Pickford fut l’une des premières stars du cinéma. Elle a joué dans plusieurs films muets à succès, tels que ‘Stella Maris‘ (1918) et ‘Little Lord Fauntleroy’ (1921).
- Rudolph Valentino : L’acteur italo-américain Rudolph Valentino est devenu une icône du cinéma muet grâce à ses performances romantiques et sensuelles. Des films comme ‘The Mark of Zorro’ (1920) et ‘The Son of the Sheik’ (1926) ont consolidé sa popularité.
- Buster Keaton : Connu comme « le grand muet », Buster Keaton était célèbre pour son habileté acrobatique et son humour physique. Il a joué et réalisé des films tels que « The General » (1926) et « Sherlock Jr. » (1924).
- Greta Garbo : L’actrice suédoise Greta Garbo a captivé le public par sa beauté et son intensité émotionnelle. Elle a joué dans des films tels que ‘The Flesh and the Devil’ (1926) et ‘The Woman with Two Faces’ (1927).
- Douglas Fairbanks : Connu pour ses rôles de héros d’action, Douglas Fairbanks a fasciné le public par son athlétisme et son charisme. Des films comme ‘The Mark of Zorro’ (1920) et ‘Robin Hood’ (1922) ont fait de lui une star du cinéma muet.
- Clara Bow : Clara Bow, surnommée « la vraie It Girl », fut l’un des premiers symboles sexuels du cinéma. Elle est apparue dans des films tels que ‘It’ (1927) et ‘Wings‘ (1927), qui lui ont valu une grande popularité.
- Gloria Swanson : L’actrice Gloria Swanson est devenue célèbre pour ses interprétations de femmes au fort caractère et à la personnalité imposante. Elle est connue pour son rôle dans le film « Sunset Boulevard » (1950), mais elle a également joué dans plusieurs films muets à succès tels que « The Smile of the Mona Lisa » (1925).
- Lillian Gish : Considérée comme l’une des plus grandes actrices du cinéma muet, Lillian Gish a eu une longue carrière qui s’est étendue à l’ère du parlant. Elle est connue pour ses performances dans des films tels que ‘Birth of a Nation’ (1915) et ‘The Passion of Joan of Arc’ (1928).
- Harold Lloyd : Harold Lloyd était un célèbre comédien du cinéma muet, connu pour ses gags physiques et ses cascades. Il a joué et réalisé des comédies à succès, telles que ‘Safety Last!’ (1923) dans lequel il réalise une scène célèbre où il grimpe un grand immeuble. Lloyd est devenu l’un des visages les plus reconnaissables du cinéma muet.
- Louise Brooks : L’actrice américaine Louise Brooks est devenue une icône du cinéma muet grâce à son style distinctif et sa coupe au carré. Elle est célèbre pour son rôle dans le film ‘Pandora’s Box’ (1929), réalisé par G.W. Pabst.
- Lon Chaney : Surnommé « l’homme aux mille visages », Lon Chaney était un acteur remarquable qui a joué une grande variété de rôles dans le cinéma muet. Il est célèbre pour ses transformations physiques et ses performances intenses dans des films tels que ‘The Hunchback of Notre Dame’ (1923) et ‘Phantom of the Opera’ (1925).
- Clara Bow : Connue sous le nom de « It Girl », Clara Bow fut l’une des actrices les plus populaires des années 1920. Elle était adorée pour son charme et sa personnalité vive, et apparut dans des films tels que It (1927) et Mantrap (1926).
- Pola Negri : L’actrice polonaise Pola Negri fut l’une des premières stars internationales du cinéma muet. Elle a joué dans plusieurs films à succès, tels que Lola’s Sin (1927) et Passion (1928), et est devenue l’une des figures les plus populaires du cinéma de l’époque.
- John Gilbert : L’acteur américain John Gilbert fut l’un des principaux acteurs romantiques du cinéma muet. Il est connu pour ses performances dans des films tels que The Big Parade (1925) et The Broken Barrier (1929), aux côtés de stars comme Greta Garbo.
- Colleen Moore : L’actrice américaine Colleen Moore fut l’une des flappers les plus célèbres du cinéma muet. Elle apparut dans plusieurs films à succès, tels que Flaming Youth (1923) et Orchids and Ermine (1927).
- Harold Chapin : Harold Chapin était un acteur et réalisateur britannique qui travailla dans le cinéma muet. Il est connu pour son travail dans le film A Corner in Colleens (1919) et d’autres productions britanniques de l’époque.
Ce ne sont là que quelques-unes des stars les plus célèbres du cinéma muet, mais il y en a beaucoup d’autres qui ont contribué à rendre cette époque inoubliable.
Les films muets dans le monde
Durant l’ère du cinéma muet, différentes productions et pays ont joué un rôle significatif dans le cinéma muet. Voici quelques-uns des plus importants :
- Hollywood (États-Unis d’Amérique) : Hollywood est devenue la Mecque du cinéma muet et le principal centre de production cinématographique. De grands studios comme Paramount Pictures, Warner Bros., Universal Pictures et MGM ont produit de nombreux films muets à succès. Hollywood a donné naissance à de nombreuses stars du cinéma muet et a influencé la cinématographie mondiale.
- Allemagne : Pendant la période du cinéma muet, l’Allemagne a joué un rôle crucial dans l’innovation cinématographique. Le cinéma expressionniste allemand, avec des réalisateurs tels que F.W. Murnau et Fritz Lang, a produit des films d’un grand impact visuel et thématique. Des œuvres telles que Le Cabinet du docteur Caligari (1920) et Metropolis (1927) sont devenues des classiques du cinéma.
- France : La France a eu une influence significative sur le cinéma muet avec le mouvement artistique du cinéma avant-gardiste. Des cinéastes comme Abel Gance ont expérimenté des techniques visuelles innovantes et une narration non linéaire. Des films tels que Napoléon (1927) sont considérés comme des chefs-d’œuvre du cinéma muet français.
- Italie : L’Italie a eu une riche tradition de cinéma muet, notamment dans le genre du mélodrame et du péplum (films historiques). Le réalisateur italien Giovanni Pastrone a réalisé le célèbre film Cabiria (1914), qui est devenu une référence pour les épopées historiques de la période.
- Union soviétique : La cinématographie soviétique a joué un rôle important durant le cinéma muet, notamment avec des réalisateurs comme Sergei Eisenstein et Dziga Vertov. Des films tels que « Le Cuirassé Potemkine » (1925) et « La Queue » (1927) ont contribué à la théorie du montage et abordaient des questions sociales et politiques.
- Royaume-Uni : Le Royaume-Uni a produit plusieurs films muets à succès, notamment la comédie burlesque de Charles Chaplin et des films de Alfred Hitchcock. Le réalisateur britannique Alfred Hitchcock a commencé sa carrière dans le cinéma muet et a réalisé des films tels que ‘The Boarder’ (1927) et ‘The Farmer’s Wife’ (1928).
- Japon : Le Japon a également eu une production significative de films muets. Des réalisateurs comme Yasujirō Ozu ont réalisé des œuvres reflétant la culture et la société japonaises.
Ces pays et leurs productions ont laissé une marque indélébile dans l’histoire du cinéma muet et ont influencé le développement du cinéma mondial.
La fin de l’ère du muet
L’ère du cinéma muet a commencé à décliner avec l’avènement du son au cinéma à la fin des années 1920. Le premier film sonore à succès, « The Jazz Singer » (1927), a marqué un tournant important dans l’industrie cinématographique. La capacité de synchroniser le son avec l’image a ouvert de nouvelles possibilités narratives et artistiques.
L’introduction du son a entraîné un changement majeur dans l’industrie du cinéma. De nombreux acteurs et réalisateurs du muet ont dû s’adapter au nouveau médium, tandis que d’autres ont eu du mal à le faire. Certaines stars du muet avaient des voix qui ne correspondaient pas aux attentes du public, ce qui a conduit à une chute rapide de leur popularité.
L’adoption du son a également nécessité un grand effort technique. Les salles de cinéma du monde entier ont dû installer de nouveaux systèmes sonores et les coûts de production ont explosé. Certains films muets ont été convertis en films sonores par l’ajout de dialogues et de musiques enregistrés séparément, mais ce procédé n’a pas toujours été précis ni efficace.
Malgré ces changements, certains cinéastes et acteurs du muet ont réussi à s’adapter à l’ère du son et ont continué à travailler dans le cinéma. D’autres, en revanche, ont vu leur carrière décliner et ont disparu de la scène cinématographique.
La transition vers le son a été progressive, mais les films muets sont devenus de plus en plus rares durant les années 1930. Le son s’est imposé comme une nouvelle norme et a ouvert de nouvelles possibilités d’expression au cinéma. Cependant, l’ère du cinéma muet a laissé un héritage durable et de nombreuses œuvres de cette période sont encore considérées comme des chefs-d’œuvre cinématographiques.
Nosferatu

Lorsqu'un jeune agent immobilier, Thomas Hutter, se rend au château pour conclure une affaire, Orlok est attiré par son sang et décide de le suivre jusqu'à sa ville natale. L'arrivée du comte provoque une série de morts mystérieuses et répand la panique parmi les habitants.
Murnau, à travers des images évocatrices et des atmosphères troublantes, crée une œuvre qui va bien au-delà de la simple adaptation du roman de Stoker. Le film explore des thèmes universels tels que la peur de la mort, l'isolement et la perte de l'humanité. La production de Nosferatu a été marquée par certaines difficultés juridiques liées aux droits d'auteur du roman de Bram Stoker. Malgré cela, Murnau et son équipe ont réussi à réaliser un film d'un grand impact visuel. Le choix de Max Schreck pour incarner le comte Orlok fut ingénieux. Son apparence cadavérique et ses mouvements non naturels ont fait du personnage d'Orlok l'un des monstres emblématiques de l'histoire du cinéma. Au fil des années, Nosferatu est devenu un film culte, influençant des générations de cinéastes et devenant une référence du genre horreur. L'image du comte Orlok, avec ses ongles allongés et ses yeux enfoncés, est devenue une icône du cinéma d'horreur.
Les films muets que vous ne devez absolument pas manquer
The Wishing Ring (1914)
Dans une idylle de l’ancienne Angleterre, un héritier capricieux en fuite rencontre la douce fille d’un pasteur, déclenchant romance et espiègleries. La confection de Maurice Tourneur tisse un amour tendre et une aventure légère dans des décors champêtres pittoresques.
La somptueuse cinématographie de Tourneur capture la beauté pastorale sans excès sucré, ancrée par le charme espiègle de Vivian Martin. Cette œuvre précoce d’auteur privilégie la poésie visuelle et l’interaction nuancée des personnages au détriment de l’intrigue, influençant les indépendants ultérieurs. Son équilibre délicat entre fantaisie et humanité en fait un joyau du cinéma d’art et d’essai d’avant la Première Guerre mondiale, méritant une redécouverte.
Walk Cheerfully

Drama, crime, by Yasujirō Ozu, Japan, 1930.
The plot of the film follows the story of Kenji, a low-ranking gangster, who decides to give up his life of crime and settle down. He falls in love with Yasue, a young car mechanic, and the two plan to get married. However, Kenji's past catches up with him when his former gang mates try to get him involved in a new criminal business. "Walk Cheerfully!" explore themes of redemption, love, and the struggle to break free from a life of crime. Like many of Ozu's works, the film delves into the complexities of human relationships and social norms.
It is a film that enchants the viewer with its emotional depth and visual elegance, through the winding roads of redemption and love, in a subtle ballet between past and future. Ozu's direction is masterful: through the skilful use of the characters' facial expressions and the dynamics of relationships, he captures the viewer's heart. Visual storytelling is a symphony of emotions and meanings that speaks directly to the viewer's soul without the need for words. "Walk Cheerfully!" it is a work that transcends time, as it explores universal themes such as the desire for redemption, the power of love and the struggle against one's past. Ozu reminds us that each of us has a chance to change and find happiness, even when it seems that fate has already written the script for us.
LANGUAGE: Japanese
SUBTITLES: English, Spanish, French, German, Portuguese
Le Golem (1920)
Der Golem, wie er in die Welt kam » (également connu sous le nom de « The Golem ») est un film muet allemand de 1920 réalisé par Paul Wegener et Carl Boese. C’est l’un des chefs-d’œuvre du cinéma expressionniste allemand et s’inspire de la légende juive du Golem. Le film se déroule au XVIe siècle dans le ghetto juif de Prague, où la communauté juive est persécutée et vit sous oppression. Le rabbin local, Loew, incarné par Paul Wegener lui-même, tente de protéger son peuple juif en créant un être d’argile appelé Golem, qui peut être animé par un ancien sortilège. Le Golem est une figure mythique du judaïsme, un géant doté d’une force surhumaine, créé pour défendre les Juifs contre les menaces extérieures.
Cependant, les choses prennent une tournure sombre lorsque le Golem, une fois créé, devient de plus en plus incontrôlable et se rebelle contre le contrôle de son créateur. Le Golem tombe amoureux d’une jeune femme juive nommée Miriam et s’oppose à ceux qui cherchent à nuire à la communauté juive. Dans le chaos qui s’ensuit, le Golem sème la destruction et la terreur dans la ville. Le film explore des thèmes tels que le pouvoir et ses abus, l’aliénation, la peur de l’autre et la frontière ténue entre l’homme et sa création. Par son style expressionniste, caractérisé par des décors et un éclairage suggestifs, le film crée une atmosphère sombre et sinistre, reflétant la tension et l’angoisse de l’époque.
Le Cabinet du docteur Caligari (1920)
Un homme nommé Francis raconte l’histoire terrifiante du docteur Caligari, un mystérieux montreur de foire qui utilise un somnambule hypnotisé, Cesare, pour commettre une série de meurtres dans une petite ville. Le monde du film est un cauchemar de décors peints tordus et de perspectives déformées, culminant dans une fin à rebondissement choquante.
Ce film est une pierre angulaire du cinéma indépendant et de la prise de risque. Produit par la petite société Decla-Film avant sa fusion avec le géant UFA, son esthétique radicale fut rendue possible précisément grâce à cette liberté de production. Sa mise en scène n’est pas une simple décoration mais l’extériorisation de la psyché fracturée du narrateur, une représentation visuelle du traumatisme post-Première Guerre mondiale et de la méfiance envers l’autorité. L’esprit indépendant de Caligari est ce qui lui a permis de devenir « le premier véritable film d’horreur », définissant un genre par la terreur psychologique plutôt que par des monstres surnaturels.
Sunrise: A Song of Two Humans

Drame, romance, noir, par Friedrich Wilhelm Murnau, États-Unis, 1927
Une femme de la grande ville en vacances (Margaret Livingston) séjourne dans une petite ville au bord d’un lac. Après la tombée de la nuit, elle se rend dans une ferme où un homme (George O'Brien) et sa femme (Janet Gaynor) s’occupent de leur enfant. Elle appelle l’homme depuis la clôture à l’extérieur. L’homme est indécis, mais finit par s’éloigner, laissant sa femme seule. L’homme et la femme se retrouvent au clair de lune et s’embrassent passionnément. Elle veut qu’il vende sa ferme pour partir avec elle en ville. Lorsqu’elle suggère qu’il résolve son problème de femme en la noyant, il tente de l’étrangler violemment, mais change ensuite complètement d’attitude envers elle. Lorsque l’homme et sa femme partent pour une excursion en bateau sur le lac, il se prépare à la jeter à l’eau. Mais lorsqu’elle implore sa pitié, il réalise qu’il ne peut pas le faire. L’homme rame frénétiquement vers la rive, et lorsque le bateau arrive à terre, sa femme s’enfuit en panique.
Sunrise : Chanson de deux humains, réalisé par le réalisateur allemand FW Murnau dans son premier film américain, est basé sur la nouvelle de Carl Mayer « L’Excursion à Tilsit », publiée en 1917.
Murnau a choisi d’utiliser le nouveau système sonore Fox Movietone, faisant d’Aurora l’un des tout premiers longs métrages avec une bande sonore synchronisée et des effets sonores. Janet Gaynor a remporté le premier Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans le film. Le film est aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre, parmi les meilleurs films jamais réalisés. Beaucoup l’ont qualifié de plus grand film de l’ère du cinéma muet. Murnau, maître du cinéma expressionniste, a été invité par William Fox à réaliser un film expressionniste à Hollywood. Le langage et la photographie du film sont révolutionnaires : plans-séquences élégants, longues séquences d’action pure sans dialogue dans le style signature de Murnau. Les personnages restent anonymes, créant la perception d’une histoire universelle.
LANGUE : anglais
SOUS-T
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Within Our Gates (1920)
Sylvia Landry, une femme afro-américaine à la peau claire avec un passé traumatique, voyage vers le Nord pour collecter des fonds pour une école en difficulté destinée aux enfants noirs du Sud. Le film utilise des flashbacks pour révéler le lynchage brutal de sa famille et confronte les réalités des lois Jim Crow, de la violence raciale et des complexités de l’identité noire.
C’est le plus ancien film survivant réalisé par un réalisateur afro-américain, une œuvre fondamentale du cinéma indépendant américain, et un acte puissant de résistance politique. Son indépendance n’était pas un choix stylistique mais une nécessité pour raconter une histoire que Hollywood n’aurait jamais abordée. Micheaux utilise le format mélodramatique pour mettre en scène une critique cinglante de la suprématie blanche, dépeignant directement l’horreur du lynchage du point de vue noir. La représentation complexe des personnages afro-américains — héros, méchants et traîtres à leur race — constitue une rupture radicale avec les stéréotypes unidimensionnels prévalant dans le cinéma grand public.
Âmes sur la route (1921)
Les premiers films muets japonais étaient connus pour leur narration excessive par benshi et leurs images simplistes. On dit que cela a changé avec le film phare du cinéma muet japonais, « Âmes sur la route » (Rojo no reikion). Le réalisateur Minoru Murata est célébré comme l’un des pionniers ayant modernisé le cinéma muet japonais. Malheureusement, une grande partie de son œuvre a été perdue et il est décédé à l’âge de 43 ans en 1937. « Âmes sur la route », l’un des rares films survivants de Murata, a été réalisé dans l’intention d’abandonner les influences très théâtrales du kabuki.
« Âmes sur la route » présente quatre intrigues entrelacées. Il raconte principalement le destin d’un fils sans le sou qui revient chez lui avec sa famille et la souffrance de deux fugitifs bienveillants. Basé sur « Slum Shop » de Maxim Gorky et un roman allemand de Wilhelm August Schmidtbonn, c’est un conte de bonté chrétienne situé dans un paysage hivernal hostile. Le réalisateur Murata alterne de manière erratique entre les différentes intrigues, ce qui peut initialement dérouter le spectateur quant aux personnages. Cela peut aussi être dû au fait qu’il s’agit d’une version montée et non de la version complète.
Murata a probablement été inspiré par la technique de montage de D.W. Griffith dans « Intolerance » (1916), qui couvrait des événements se déroulant à quatre périodes historiques différentes. Mais malgré les coupes chaotiques dans « Âmes sur la route », il y a beaucoup à admirer : des techniques narratives (y compris les flashbacks et les fondus enchaînés) aux prises de vue en extérieur et aux performances relativement naturalistes.
Intolerance

Historique, drame, par David Wark Griffith, États-Unis, 1916.
Le Kolossal qui a changé l'histoire du cinéma en apportant des innovations ingénieuses et nombreuses également au langage cinématographique. Réalisé par Griffith en réponse aux accusations de racisme pour son film précédent, Naissance d'une nation. Quatre histoires distinctes sur une période de 2 500 ans racontées en parallèle sur l'intolérance de l'humanité à travers les siècles : conflits dans la Babylone antique, adultère et crucifixion dans l'histoire biblique de la Judée, la Renaissance française, troubles sociaux et crimes de l'histoire américaine du début des années 1900.
Sujet de réflexion
L'homme est perpétuellement en conflit et la cause de tout conflit existe à l'intérieur. Les êtres humains accumulent tant de colère, de folie, de démence en eux-mêmes qu'ils ne peuvent s'empêcher d'exploser dans une nouvelle guerre. L'homme est divisé intérieurement, il parle de paix et finit par créer une nouvelle guerre. Pour résoudre les manifestations externes du conflit, le conflit interne doit être résolu.
LANGUE : Anglais
SOUS-TITRES : Espagnol, Français, Allemand, Portugais
Dr. Mabuse (1922)
Dr. Mabuse est un film muet allemand de 1922 réalisé par Fritz Lang. C’est l’un des chefs-d’œuvre du cinéma expressionniste allemand et a donné naissance à une série de films basés sur le personnage du brillant et manipulateur criminel, le Dr. Mabuse.
Le film se déroule dans le Berlin des années 1920 et suit les exploits du Dr. Mabuse, un génie du crime qui manipule et contrôle les gens grâce à ses capacités psychologiques. Mabuse utilise diverses identités et méthodes pour commettre ses crimes, notamment l’hypnose et la manipulation mentale. L’intrigue se développe autour du combat entre Mabuse et le commissaire de police von Wenk, qui tente de démasquer et d’arrêter ses activités criminelles.
Le film aborde des thèmes tels que la folie, la corruption, le pouvoir et la manipulation. Lang explore l’obscurité de l’âme humaine et la fragilité de la société face au mal et aux individus sans scrupules. Le récit est captivant et plein de suspense, avec une tension constante qui monte jusqu’au climax final.
Techniquement, Dr. Mabuse est reconnu pour son style visuel distinctif et innovant. Lang utilise l’éclairage, les angles de caméra et le montage pour créer une atmosphère de malaise et d’étrangeté. Les scènes de rêve et les séquences d’hypnose sont particulièrement impressionnantes et contribuent à transmettre l’aura de mystère et de pouvoir de Mabuse.
Salomé (1923)
Alla Nazimova incarne la tentatrice biblique d’Oscar Wilde dans cette adaptation avant-gardiste, dansant pour la tête de Jean-Baptiste au milieu d’intrigues de cour opulentes et de désirs interdits.
Nazimova et Natacha Rambova créent un Gesamtkunstwerk mêlant visuels inspirés d’Aubrey Beardsley, costumes bizarres et décadence poétique. Audacieusement artistique, il privilégie l’expérimentation esthétique au récit, incarnant l’avant-garde de l’ère du cinéma muet. Chaque plan déborde d’excès symbolique, consolidant son statut de jalon du cinéma indépendant et d’auteur.
Waxworks (1924)
Waxworks est un film muet allemand de 1924 réalisé par Paul Leni. C’est une œuvre du genre horreur/fantastique qui mêle des éléments de conte de fées et de surréalisme.
Le film est divisé en trois épisodes reliés par un fil narratif principal. Chaque épisode se déroule dans un scénario différent de « Waxworks » et présente une histoire unique. Dans le premier épisode, « Le Poète et la Mort », un poète se retrouve dans un royaume de cauchemars où il tente d’affronter la Mort. Dans le deuxième épisode, « La Calomnie », un calomniateur est transporté dans le monde de ses mensonges, où il fait face à d’horribles créatures. Dans le troisième épisode, « Les Aventures fantastiques de Harun al-Rashid », le protagoniste est catapulté dans l’ancienne Arabie et affronte aventures et dangers.
« Waxworks » est connu pour son décor spectaculaire et son style visuel unique. Paul Leni exploite les possibilités expressives du décor et des costumes pour créer un monde fantastique et onirique. Le film utilise une maîtrise remarquable de la lumière, de l’ombre et des perspectives déformées pour instaurer une atmosphère étrange et surréaliste.
Le casting du film comprend Conrad Veidt, célèbre acteur allemand du cinéma muet, dans le rôle principal. Sa performance magnétique ajoute un élément de poignance et de drame aux histoires.
Battleship Potemkin

Drame, guerre, par Sergej Eisenstein, Russie, 1925.
La révolte des marins du cuirassé Potemkine et des citoyens d'Odessa contre la police impitoyable du tsar, qui réagit par des représailles et commet un massacre. Sergej Eisenstein réalise un film commandé par Goskino, l'office de la cinématographie et de la production cinématographique en Union soviétique. C'est un film de "propagande" pour la célébration de la révolution de 1905, mais Eisenstein en fait une œuvre expérimentale et grandiose, destinée à changer à jamais l'histoire du cinéma et du montage.
Sujet de réflexion
La révolution voit les choses en termes politiques, elle suppose que pour transformer l'homme, la structure de la société doit être changée. Mais aucune révolution n'a jamais réussi à transformer l'homme. Le révolutionnaire veut changer la société, le gouvernement, la bureaucratie, les lois, le système politique. Toutes les révolutions ont toujours échoué misérablement, et l'homme est toujours resté le même. Ce ne sont pas des révolutionnaires qu'il faut pour changer le monde, mais des rebelles.
LANGUE : Russe
SOUS-TITRES : Anglais, Espagnol, Français, Allemand, Portugais
Les Nibelungen (1924)
« Les Nibelungen » (Die Nibelungen) est une saga épique allemande de 1924, réalisée par Fritz Lang. Le film est basé sur l’épopée médiévale allemande connue sous le nom de « Le Cycle des Nibelungen » et raconte une histoire d’amour, de vengeance, de courage et de tragédie. La saga est divisée en deux parties : « La Mort de Siegfried » (Siegfrieds Tod) et « Le Trésor des Nibelungen » (Kriemhilds Rache). La première partie suit les aventures du héros légendaire Siegfried, tandis que la seconde se concentre sur la vengeance de son épouse, Kriemhild. L’intrigue implique dragons, sorciers, trahisons, luttes de pouvoir et batailles épiques.
« Les Nibelungen » est connu pour son décor spectaculaire et ses décors élaborés. Fritz Lang crée un monde fantastique et atmosphérique, riche en détails et en symbolisme. Les décors sont somptueux, avec des châteaux majestueux, des forêts sombres et des royaumes mythiques, offrant une vision épique de l’histoire. Le film utilise des techniques innovantes pour l’époque, telles que l’emploi d’effets spéciaux, un montage dynamique et l’usage d’images symboliques. Lang expérimente avec l’éclairage, les angles de caméra et le mouvement de la caméra pour créer une atmosphère dramatique et immersive.
« Les Nibelungen » est également célèbre pour ses performances mémorables. Paul Richter incarne Siegfried, apportant au personnage courage et force à l’écran, tandis que Margarete Schön donne vie à Kriemhild, incarnant vengeance et détermination. Les performances des acteurs contribuent à rendre les personnages légendaires vivants et inoubliables.
Le Voleur de Bagdad (1924)
« Le Voleur de Bagdad » est un film de 1924 réalisé par Raoul Walsh et produit par Douglas Fairbanks. C’est une aventure épique muette qui combine des éléments de magie, de romance et d’action. L’intrigue suit les exploits d’Ahmed, interprété par Douglas Fairbanks, un voleur au grand cœur qui tombe amoureux de la princesse de Bagdad, jouée par Julanne Johnston. Ahmed se retrouve pris dans un conflit entre le méchant vizir Jaffar (interprété par Snitz Edwards) et le jeune calife (joué par Sojin Kamiyama), et doit surmonter diverses épreuves et obstacles pour sauver la princesse et conquérir son amour.
« Le Voleur de Bagdad » est connu pour sa scénographie spectaculaire et ses effets spéciaux innovants pour l’époque. Le film utilise la technique du matte painting, qui permet la création de décors fantastiques et de scènes de vol à couper le souffle. C’est l’un des premiers films à utiliser aussi largement les effets visuels spéciaux pour créer un monde imaginaire. Le film est également célèbre pour les cascades et les performances athlétiques de Douglas Fairbanks. Son personnage d’Ahmed est un héros aventureux et charmant qui se montre courageux et astucieux dans ses exploits. Les séquences d’action sont spectaculaires et immersives, Fairbanks défiant la gravité et surmontant des obstacles impossibles.
Entr’acte (1924)
Série chaotique et ludique de non sequiturs, Entr’acte incarne l’esprit dadaïste d’irrationalité et d’anti-art. Le film présente un canon tirant sur le public, une ballerine vue d’en bas, une procession funéraire surréaliste qui se transforme en une course folle, et des objets qui se transforment de manière inattendue, défiant toute logique narrative.
Réalisé par René Clair à partir d’une idée de Francis Picabia pour être projeté pendant l’entracte du ballet dadaïste Relâche, ce film est l’incarnation cinématographique de l’anarchie joyeuse du Dada. Contrairement à l’horreur psychologique du Surréalisme, l’indépendance d’Entr’acte est utilisée pour célébrer le mouvement pur, absurde, et les gags visuels. L’œuvre est une satire des rituels sociaux, en particulier des funérailles, ridiculisées par l’utilisation d’un slapstick à la Keystone Cops. Son contexte en tant que partie d’un événement multimédia plus large souligne son indépendance par rapport au modèle du cinéma commercial, le positionnant comme une œuvre d’art performative.
Ballet Mécanique (1924)
Un film rythmique et non narratif qui crée une « danse » à partir de l’interaction des machines, des objets du quotidien et des formes humaines fragmentées. Pistons, engrenages, ustensiles de cuisine, et gros plans sur des yeux et des bouches sont montés en un collage cinétique et kaléidoscopique qui célèbre la beauté géométrique et le mouvement incessant de l’ère mécanique.
Fruit d’une collaboration entre le peintre cubiste Fernand Léger et le réalisateur Dudley Murphy, Ballet Mécanique est un pont entre le Cubisme et le cinéma. Son indépendance réside dans son sujet radical : il remplace acteurs et histoires par des objets et des rythmes. Le film traduit la fascination de Léger d’après-guerre pour l’esthétique de la machine, la « magie de la lumière sur le métal blanc », en images animées. C’est une « symphonie urbaine » d’objets, une tentative délibérée de créer un nouveau langage visuel affranchi des influences théâtrales et littéraires, un jalon du mouvement du « cinéma pur ».
A Page Of Madness

Drame, horreur, par Teinosuke Kinugasa, Japon, 1926.
Une page de folie est un film indépendant tourné avec un budget quasi inexistant puis perdu pendant quarante-cinq ans. Heureusement, le réalisateur l'a redécouvert dans ses archives en 1971. C'est un film réalisé par un groupe d'artistes avant-gardistes japonais, l'École des nouvelles perceptions. Un mouvement dont l'objectif était de dépasser la représentation naturaliste. Dans un asile de campagne, sous une pluie torrentielle, le gardien rencontre des patients atteints de troubles mentaux. Le lendemain, une jeune femme arrive, surprise de trouver son père là, qui travaille comme gardien. La mère de la femme est devenue folle à cause de son mari lorsqu'elle était marin. Le mari a décidé de changer de métier pour rester proche de sa femme à l'asile et s'occuper d'elle. Sa fille dit à son père qu'elle va bientôt se marier, mais le père s'inquiète car il craint, selon les rumeurs populaires de l'époque, que la maladie mentale de la mère soit héréditaire. Si le jeune marié et sa famille découvraient la folie de sa mère, le mariage tomberait à l'eau. Le gardien essaie de s'occuper de sa femme pendant son travail alors qu'elle se fait battre par d'autres pensionnaires, mais cela interfère avec son rôle et il est réprimandé par le directeur de l'asile. Peu à peu, le gardien perd le contact avec la réalité et ses frontières avec le rêve. Il commence à rêvasser de gagner à la loterie lorsque sa fille le revoit pour lui dire que son mariage est en difficulté. L'homme pense à sortir sa femme de l'asile pour cacher son existence et résoudre tous les problèmes. Teinosuke Kinugasa est le réalisateur de certains des meilleurs films japonais des années 1920. Une page de folie a été comparé aux grands films expressionnistes allemands. C'est un film expérimental, d'avant-garde extrême, qui semble anticiper les atmosphères et les thèmes qui rendraient David Lynch célèbre de nombreuses années plus tard. Cauchemars, distorsions, flous, doubles expositions et déformations photographiques : un film qui explore les limites les plus lointaines de l'image animée. Puis il y a ces
Orochi (1925)
Orochi de Buntara Futagara est l’un des premiers mélodrames d’action samouraï. Il raconte l’histoire intemporelle d’un homme au tempérament irascible mais juste, écrasé par une société préjugée et divisée par les classes. Situé dans le Japon du XVIIIe siècle, le personnage central, Heizaburo, est interprété par Tsumasburo Bando, devenu une star emblématique du cinéma muet japonais. Heizaburo est un samouraï fiable et noble, mais il est à plusieurs reprises incompris par une société étroite d’esprit. Exclu du monde, il devient le méchant qu’on dit qu’il est.
Comme la plupart des films muets de l’époque, Orochi est accompagné de la prestation du Benshi, un artiste qui fournit voix et commentaires de manière théâtrale. Bien que la tradition du Benshi ait été une partie intégrante de l’ère du cinéma muet japonais, Orochi est encore plus puissant lorsqu’il est visionné sans commentaire audio. En particulier, pour apprécier les séquences d’action captivantes et la conception de production de Futagara. De plus, Bando en tant qu’anti-héros offre une performance engageante et passionnée.
Mère (1926)
Mère est un film de 1926 réalisé par Vsevolod Pudovkin. Il est basé sur le roman éponyme de Maxim Gorky et est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du cinéma muet soviétique. Le film se déroule pendant la Révolution russe de 1905 et suit l’histoire d’une mère (interprétée par Vera Baranovskaya) qui rejoint le mouvement révolutionnaire après que son fils ait été tué lors d’une manifestation pacifique. La mère se retrouve impliquée dans la lutte pour la justice sociale et devient un symbole de résistance et de courage.
Mère est connu pour son récit émotionnel et captivant. Pudovkin utilise le langage cinématographique pour dépeindre les émotions et les expériences de cette mère, montrant son conflit intérieur et son évolution en tant que leader révolutionnaire. Le film est également remarquable pour ses techniques de montage innovantes, qui sont devenues une marque de fabrique du cinéma de Pudovkin. En utilisant le montage parallèle et la superposition d’images, Pudovkin crée un sentiment de tension et de drame, accentuant le message politique du film.
The Canadian (1926)
Une femme anglaise de la haute société s’installe à la ferme canadienne de son frère et entre dans un mariage contractuel avec un ouvrier agricole. Ensemble, ils affrontent les difficultés, forgeant un lien improbable à travers le travail partagé et la compréhension mutuelle.
La direction subtile de William Beaudine suscite des performances habiles dans ce drame centré sur les personnages, un incontournable des festivals pour son authenticité. Explorant les conflits de classe et l’évolution conjugale sans mélodrame, il préfigure des récits comme The Wind. L’art d’un auteur sous-estimé brille dans une narration maîtrisée et un réalisme rural, en faisant un film essentiel pour les amateurs de films muets indépendants et introspectifs.
Metropolis (1927)
« Metropolis » est un film muet allemand de 1927 réalisé par Fritz Lang. Il est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du cinéma avant-gardiste et une icône du genre science-fiction. Le film est connu pour sa vision futuriste, son design de production innovant et ses thèmes sociaux et émotionnels. « Metropolis » se déroule dans une ville futuriste divisée en deux classes sociales : les industriels qui vivent dans la ville haute élégante et les ouvriers qui passent leur vie dans des conditions oppressantes dans la ville souterraine. L’intrigue tourne autour de la rébellion des ouvriers menée par un jeune révolutionnaire nommé Freder contre le système en place.
Le film se distingue par sa scénographie extraordinaire et sa vision architecturale. Les structures imposantes, les rues animées et les images futuristes ont fait de « Metropolis » une référence pour la représentation des villes du futur au cinéma. Lang crée un monde visuellement frappant et inspirant où la technologie progresse au détriment de l’humanité. Outre l’aspect visuel, « Metropolis » aborde des thèmes sociaux et émotionnels profonds. Il explore les inégalités sociales, le conflit des classes et la lutte pour le changement social. Le film présente également une histoire d’amour complexe et poignante entre Freder et Maria, une jeune femme engagée pour la paix et l’égalité.
Le film utilise aussi la technique innovante du montage et des effets spéciaux pour créer des séquences visuellement impressionnantes. L’une des séquences les plus célèbres est celle de l’androïde féminine, créée pour incarner Maria et semer la discorde parmi les ouvriers. Cette séquence a influencé de nombreux films de science-fiction ultérieurs. « Metropolis » a eu un impact significatif sur la cinématographie et la culture populaire. Son style visuel et ses thèmes continuent d’influencer le cinéma contemporain et la culture visuelle aujourd’hui. Le film a été restauré et complété au fil des années, permettant à une nouvelle génération de spectateurs d’apprécier sa grandeur et son message intemporel.
Napoléon (1927)
« Napoléon » est un film épique réalisé par Abel Gance en 1927. Il est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du cinéma muet et l’un des films les plus ambitieux jamais réalisés pour l’époque. Le film retrace la vie de Napoléon Bonaparte, de sa jeunesse en tant qu’officier militaire à son ascension en tant que général et leader politique. Le film est connu pour ses techniques cinématographiques innovantes, telles que l’utilisation de plans grand angle, le format panoramique (Polyvision) et la technique de montage rapide. Abel Gance a cherché à expérimenter le langage cinématographique, utilisant différents angles de caméra, mouvements de caméra et effets visuels pour créer une expérience visuelle unique.
La version originale de « Napoléon » durait environ 5 heures, divisée en plusieurs parties. Le scénario couvre de nombreux événements clés de la vie de Napoléon, tels que la Révolution française, la campagne d’Italie, la bataille d’Austerlitz et bien d’autres. Le film explore également l’ascension de Napoléon en tant que figure charismatique et son impact sur l’histoire européenne. « Napoléon » a reçu un accueil critique positif à sa sortie, mais a également rencontré quelques difficultés financières. Malgré cela, le film est resté une œuvre phare dans l’histoire du cinéma pour ses innovations techniques et son style visuel distinctif. Dans les années suivantes, « Napoléon » a connu plusieurs versions et restaurations. En 1980, le réalisateur Kevin Brownlow a réalisé une version restaurée du film, tentant de recréer le montage original de Gance. Cette version a été diffusée dans le monde entier et a ravivé l’intérêt pour le film de Gance.
The Last Laugh

Drame, de F.W. Murnau, Allemagne, 1924.
Jannings est le portier de l'hôtel Atlantic à Berlin, heureux de son rôle et de son uniforme. Mais son patron pense qu'il est trop vieux pour recevoir les clients à l'entrée et le fait affecter au nettoyage des toilettes. Jannings, profondément troublé par ce qui s'est passé, se saoule le soir pour oublier et essaie de cacher son nouveau travail dégradant à sa famille et à ses amis. Mais le lendemain, il est découvert. Chef-d'œuvre absolu de Murnau, à la frontière entre expressionnisme et kammespiel. La caméra prend vie dans un style incroyablement avant-gardiste d'expérimentation visuelle.
Sujet de réflexion
Pour l'ego, l'uniforme et un travail respectable peuvent être une valeur absolue. Pour l'ego, être affecté au nettoyage des toilettes peut être la pire des humiliations. Car l'ego raisonne selon les opinions des autres et veut que nous nous conformions à leur échelle de valeurs. Pour notre être profond, cependant, il peut être plus agréable de nettoyer les toilettes que d'être portier à l'entrée de l'hôtel.
LANGUE : Allemand (intertitres)
SOUS-TITRES : Anglais
La Foule (1928)
« La Foule » est un film de 1928 réalisé par King Vidor. C’est un film dramatique qui explore la vie d’un homme ordinaire et sa lutte pour trouver le bonheur et le succès dans la métropole de New York. Le protagoniste du film est John Sims (interprété par James Murray), un jeune homme ambitieux qui rêve d’accomplissement personnel et de réussite dans la vie. Cependant, la réalité s’avère bien plus difficile qu’il ne l’imaginait, et John se retrouve piégé dans un emploi médiocre et une vie quotidienne monotone.
« La Foule » aborde des thèmes tels que l’aliénation, la solitude et la pression sociale. Le film explore le défi d’être un individu unique au sein d’une société anonyme et impersonnelle. John lutte pour trouver sa place dans le monde et réaliser ses rêves, mais se retrouve constamment freiné par les circonstances et les attentes de la société. Le film est connu pour sa représentation réaliste de la vie urbaine et les techniques de caméra innovantes utilisées par Vidor. Il a introduit l’usage de plans longs et complexes, qui permettent au spectateur de s’immerger dans la vie trépidante de la ville et de ressentir intensément les émotions du protagoniste.
La Passion de Jeanne d’Arc (1928)
« La Passion de Jeanne d’Arc » est un film muet français de 1928, réalisé par Carl Theodor Dreyer. Il est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du cinéma et l’un des films les plus influents et acclamés de tous les temps. Le film est basé sur le procès historique de Jeanne d’Arc, la jeune paysanne française qui mena des troupes durant la Guerre de Cent Ans et fut ensuite jugée et condamnée pour hérésie. Le film se concentre principalement sur le procès et sur les souffrances émotionnelles et physiques de Jeanne.
Une des caractéristiques distinctives de La Passion de Jeanne d’Arc est la performance intense et exceptionnelle de Maria Falconetti dans le rôle de Jeanne d’Arc. Falconetti offre une interprétation émouvante, qui se concentre principalement sur les expressions faciales, capturant magnifiquement l’angoisse, la détermination et la spiritualité du personnage. Visuellement, le film est connu pour son utilisation de gros plans intenses et détaillés, qui font ressortir les émotions des personnages. Dreyer utilise également un éclairage et des angles de caméra inhabituels pour créer une atmosphère de tension et de drame. Le montage est rapide et incisif, contribuant à créer un rythme dynamique et captivant.
La réalisation de Dreyer se concentre sur l’essentiel, évitant les scènes d’action ou les reconstitutions historiques élaborées. Le film est principalement tourné en intérieur, utilisant des environnements minimalistes et symboliques qui mettent en valeur la psychologie des personnages. Cette approche met en lumière le conflit intérieur de Jeanne et sa lutte avec sa foi et son identité. La Passion de Jeanne d’Arc fut un film controversé à sa sortie. Sa représentation intense de la foi et ses images puissantes ont suscité des réactions mitigées du public et des autorités religieuses. Cependant, au fil des années, le film a acquis une réputation de plus en plus élevée en tant que chef-d’œuvre cinématographique intemporel.
Le Vent (1928)
Le Vent est un film de 1928 réalisé par Victor Sjostrom, adapté du roman éponyme de Dorothy Scarborough. Il est considéré comme un des chefs-d’œuvre du cinéma muet et l’une des premières œuvres à explorer l’aspect psychologique et l’isolement des femmes dans la société rurale nord-américaine. L’intrigue suit la jeune et vulnérable Letty Mason (interprétée par Lillian Gish), qui quitte la ville pour s’installer à la campagne chez des proches dans l’Ouest sauvage texan. Letty se retrouve confrontée aux difficultés de la vie dans une terre hostile, battue par des vents violents et la solitude.
Le Vent explore des thèmes tels que l’aliénation, la sexualité refoulée et la lutte pour la survie. Le personnage de Letty subit constamment la pression extérieure de la nature environnante et de la communauté, la contraignant à se conformer aux normes sociales et à réprimer ses désirs personnels. Le film se distingue par sa cinématographie puissante, qui capture efficacement la force et l’oppression du vent à travers des angles inhabituels et des plans suggestifs. Lillian Gish offre une performance remarquable en Letty, transmettant une large palette d’émotions par ses expressions faciales et son langage corporel.
Le Cheval a mangé le chapeau (1928)
Le Cheval a mangé le chapeau est un film de 1928 réalisé par Rene Clair. C’est une comédie brillante et ludique basée sur la pièce éponyme d’Eugène Labiche et Marc-Michel. Le film est connu pour son humour visuel et sa satire de la société bourgeoise française de l’époque. L’intrigue tourne autour de Fadinard (interprété par Albert Préjean), un marié qui, le jour de son mariage, perd son chapeau de paille. Cet incident déclenche une série d’événements comiques et de situations incontrôlables, impliquant des personnages excentriques et des situations improbables.
« Le Cheval a mangé le chapeau » se distingue par sa mise en scène vivante et son utilisation de gags visuels et de slapstick. René Clair emploie le langage cinématographique pour créer un rythme effréné et une comédie visuelle captivante. Le film fait également usage d’un montage créatif et d’effets spéciaux, qui contribuent à son atmosphère ludique. Le film a été bien accueilli par la critique et a consolidé la réputation de René Clair comme l’un des grands réalisateurs du cinéma français de l’époque. Il est considéré comme un exemple classique de la comédie de la période, exploitant des situations absurdes et des personnages excentriques pour susciter le rire chez le spectateur.
L’Opérateur (1928)
« L’Opérateur » est un film de 1928 réalisé par Buster Keaton. C’est une comédie muette qui suit les aventures d’un opérateur de prise de vues débutant incarné par Buster Keaton. L’intrigue tourne autour du personnage de Buster, un jeune homme ambitieux qui décide de devenir opérateur pour une société de production cinématographique. Il rencontre une belle secrétaire (interprétée par Marceline Day) dont il tombe amoureux, tentant de la conquérir et de prouver sa valeur en tant qu’opérateur.
« L’Opérateur » est connu pour ses séquences comiques ingénieuses et son usage de gags visuels. Buster Keaton, célèbre pour son style de comédie physique, offre une performance remarquable, alliant habileté acrobatique et timing comique impeccable. Le film est aussi une occasion de montrer les coulisses du monde du cinéma de l’époque. Il dépeint le processus de production d’un film, montrant les décors, les équipes et les défis auxquels les opérateurs étaient confrontés pour capturer les images. Le film représente également une étape importante dans la carrière de Buster Keaton, qui a démontré ses compétences extraordinaires en tant qu’acteur et réalisateur. « L’Opérateur » est l’un de ses films les plus accessibles et divertissants, faisant de lui l’un des grands comiques du cinéma muet.
The Cabinet of Dr. Caligari

Horreur, fantastique, par Robert Wiene, Allemagne, 1920.
Le film symbolique de l'expressionnisme cinématographique. Francis raconte une histoire à un homme : en 1830, dans une petite ville, un gars nommé Caligari joue le montreur de foire pour présenter son attraction, un somnambule qu'il tient sous hypnose dans un cercueil. Le docteur affirme que le somnambule est capable de connaître le passé et de prédire l'avenir. Atmosphères irréelles et décors déformés, jeu stylisé, personnalité divisée, confusion entre rêve et réalité.
Sujet de réflexion
Personnalité vient du grec persona qui signifie masque. Personne vient du mot personnalité. L'individualité est un don de l'existence, la personnalité est imposée par la société. La personnalité suit le troupeau de moutons, l'individualité est un lion qui avance seul. Tant que vous ne lâcherez pas votre personnalité, vous ne pourrez pas trouver votre individualité.
LANGUE : allemand
SOUS-TITRES : anglais, espagnol, français, portugais
Le Cirque (1928)
« Le Cirque » est un film de 1928 écrit, réalisé et interprété par Charlie Chaplin. C’est une comédie muette qui raconte les aventures d’un vagabond qui se retrouve à travailler dans un cirque. L’intrigue tourne autour du personnage du vagabond (interprété par Charlie Chaplin), qui devient involontairement une star du cirque grâce à sa maladresse comique. Parallèlement, il tombe amoureux d’une écuyère (interprétée par Merna Kennedy) et tente de surmonter les obstacles pour conquérir son cœur.
« Le Cirque » est connu pour son humour physique et les nombreux gags visuels qui sont devenus une marque de fabrique de Chaplin. Le film comporte également l’une des séquences les plus mémorables de Chaplin, où le vagabond exécute un numéro acrobatique avec des singes, sans se rendre compte qu’ils ont été libérés. Outre le rire, « Le Cirque » offre aussi des moments de tendresse et d’émotion. Chaplin est célèbre pour son talent à exprimer une émotion humaine authentique à travers sa performance. Le film aborde des thèmes universels tels que l’amour, l’espoir et la lutte contre les difficultés de la vie.
La Coquille et le Clergyman (1928)
Un prêtre tourmenté est consumé par des hallucinations érotiques et violentes impliquant la belle épouse d’un général. Sa psyché fragmentée est visualisée à travers une cascade d’images dissoutes, superposées et illogiques qui défient la cohérence narrative, représentant sa lutte intérieure entre désir et répression.
Considéré comme le premier véritable film surréaliste, précédant même le plus célèbre Un Chien Andalou, cette œuvre de Germaine Dulac est un texte fondamental du modernisme cinématographique. Sa production indépendante a permis une exploration sans précédent de la psychologie freudienne à l’écran. Dulac utilise des techniques visuelles pionnières non comme de simples effets spéciaux, mais comme un langage direct de l’inconscient. Le film est aussi un texte féministe crucial : une réalisatrice critiquant les institutions patriarcales (église, armée) et la sexualité masculine, une perspective qui provoqua une réaction hostile de la part du mouvement surréaliste alors dominé par les hommes.
Un Chien Andalou (1929)
Ce court métrage rejette la narration au profit d’une série de vignettes choquantes et oniriques. De la scène d’ouverture infâme d’un œil tranché au rasoir, aux fourmis sortant d’une main et aux pianos traînant des ânes putréfiés, le film présente une exploration psychanalytique viscérale et riche du désir refoulé, de l’anticléricalisme et des conventions bourgeoises.
Auto-produit par Luis Buñuel grâce à un prêt, et écrit avec Salvador Dalí à partir de leurs rêves, Un Chien Andalou est la déclaration d’indépendance définitive à la logique narrative. L’analyse dépasse la célèbre « coupe de l’œil » pour disséquer le film comme une attaque directe contre la psyché du spectateur. Les motifs récurrents, tels que les mains coupées symboles de l’angoisse de castration et du fétichisme, ainsi que la critique de l’Église, représentée par des prêtres attachés à des pianos, sont explorés à travers une lentille freudienne. L’indépendance du film est le moyen de créer une vision purement personnelle et sans compromis, une œuvre qui conserve encore aujourd’hui son pouvoir de troubler et de fasciner.
Asphalt (1929)
Un policier rigide de la circulation berlinoise rencontre une voleuse de bijoux séduisante qui l’attire dans son monde de crime et de passion. Leur rencontre fatidique dérape en obsession, jalousie et tragédie dans les ombres de la ville.
L’étude de caractère stylée de Joe May mêle magistralement des visuels expressionnistes à une profondeur psychologique, mettant en valeur les performances subtiles de Betty Amann et Gustav Fröhlich. Loin de la grandeur de Murnau ou Lang, il excelle dans la tension intime et l’ambiguïté morale, élevant une simple histoire de crime en une exploration profonde du désir et de la chute. Sous-estimé mais essentiel pour son réalisme berlinois atmosphérique et sa retenue émotionnelle.
Un Chien Andalou (1929)
« Un Chien Andalou », également connu sous le nom de « An Andalusian Dog », est un film expérimental de 1929 réalisé par Luis Buñuel en collaboration avec Salvador Dalí. C’est un court métrage d’environ 16 minutes, connu pour sa nature surréaliste et provocante. Le film ne possède pas de trame linéaire ni de narration traditionnelle, mais est composé d’une série d’images et de scènes bizarres et troublantes. Un Chien Andalou » remet en question les conventions cinématographiques et tente de stimuler l’inconscient du spectateur à travers l’utilisation d’images et de symboles oniriques.
Ce court métrage se prête à de multiples interprétations et est souvent considéré comme une œuvre d’art visuel abstrait. Il contient une série de séquences surréalistes et dérangeantes, telles que l’image d’un œil coupé avec une lame de rasoir et une main transpercée par une lame. Buñuel et Dalí souhaitaient rompre avec les conventions du cinéma traditionnel et provoquer de fortes réactions chez le spectateur. Le film a été réalisé avec un petit budget et a tiré parti de l’imagination et de la créativité des deux artistes.
Three Songs about Lenin

Documentaire, de Dziga Vertov, Russie, 1934.
Le film le plus célèbre du vivant du réalisateur Dziga Vertov, un grand succès du cinéma documentaire socialiste. Un documentaire expérimental célébrant Lénine avec l'utilisation du son et des chansons folkloriques. La libération des femmes musulmanes en Ouzbékistan, des images des funérailles de Lénine, de ses apparitions publiques et de l'un de ses discours enregistrés en direct.
LANGUE : russe
SOUS-TITRES : anglais, italien, espagnol, français, allemand, portugais
L’Ange Bleu (1930)
« L’Ange Bleu » est un film de 1930 réalisé par Josef von Sternberg et mettant en vedette Marlene Dietrich et Emil Jannings. C’est un drame qui raconte l’histoire d’un professeur respectable qui tombe amoureux d’une strip-teaseuse et sombre dans la ruine. Le film se déroule dans l’Allemagne des années 1930 et se concentre sur le personnage du professeur Immanuel Rath (interprété par Emil Jannings), un homme rigide et moralisateur qui tombe sous le charme de Lola Lola (interprétée par Marlene Dietrich), une chanteuse de cabaret séduisante. Rath abandonne sa carrière académique et rejoint le monde du burlesque pour suivre Lola.
« L’Ange Bleu » est connu pour avoir lancé la carrière internationale de Marlene Dietrich et établi son statut d’icône de la sensualité et du mystère. Le film est un portrait poignant de la dégradation morale et de l’obsession amoureuse. Il représente également une réflexion sur le pouvoir destructeur de l’amour et des passions irrationnelles. Le professeur Rath, initialement un homme respectable et autoritaire, est transformé en un homme dégradé et humilié par son obsession pour Lola. Le thème du sacrifice personnel pour un amour impossible est au cœur de l’intrigue et offre une analyse critique des dynamiques de pouvoir dans les relations.
Tokyo Chorus (1931)
« Tokyo Chorus » est un film japonais de 1931 réalisé par Yasujirō Ozu. Il est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du réalisateur et une œuvre importante du cinéma muet japonais. L’intrigue de « Tokyo Chorus » tourne autour d’un employé nommé Shinji Okajima, joué par Tokihiko Okada, qui travaille dans une compagnie d’assurance. Shinji est un homme de famille dévoué et un employé assidu, mais sa vie est bouleversée lorsqu’il est licencié à cause d’un acte impulsif en défense d’un collègue.
Sans emploi et avec une famille à charge, Shinji fait face à diverses difficultés pour trouver un nouveau travail. Parallèlement, il doit également faire face à des problèmes financiers et à des pressions sociales. Le film explore les tensions et les luttes quotidiennes d’une famille dans le Tokyo des années 1930, offrant un portrait réaliste de la classe ouvrière de l’époque. « Tokyo Chorus » aborde des thèmes tels que la dignité humaine, la responsabilité familiale, les difficultés économiques et les dynamiques sociales. Le film est reconnu pour sa sensibilité envers les personnages et sa représentation humaine de la classe ouvrière. Ozu explore la tension entre les désirs individuels et les attentes sociétales, créant une histoire émouvante et intime.
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The ten commandments

Drame, Histoire, par Cecil B. De Mille, États-Unis, 1923.
Classique du cinéma muet, c'est la première version des "Dix Commandements" réalisée et produite par Cecil B. De Mille. Un film qui, pour l'époque, était un colosse aux proportions énormes. De Mille a dépensé 1,4 million de dollars pour construire une ville égyptienne près de Guadalupe, en Californie. Des statues colossales, des pyramides, des temples et d'autres constructions représentaient une véritable merveille de fiction cinématographique. Pour empêcher qu'un décor aussi riche soit utilisé par d'autres réalisateurs, De Mille préféra tout détruire à la fin du tournage.
The Kid

Par Charlie Chaplin, Comédie, États-Unis, 1921.
Charlie Chaplin écrit, produit indépendamment, réalise et interprète son premier long métrage, un chef-d'œuvre dans l'histoire du cinéma qui, après un siècle, conserve parfaitement son charme. Une femme pauvre abandonne son fils dans une voiture de luxe en espérant que le riche propriétaire prendra soin du bébé. Mais c'est le vagabond Charlot qui le trouvera. Remastérisé en haute définition.
LANGUE : anglais
SOUS-TITRES : italien


